Le musée de Grenoble révèle un fond méconnu de ses collections : un ensemble de 150 estampes découvertes à l’occasion d’un vaste chantier conduit au sein de son cabinet d’arts graphiques.
On le sait trop peu : sur les 30 000 œuvres que compte le musée de Grenoble, 20 000 proviennent du cabinet d’arts graphiques. Au sein de cet ensemble, les estampes tiennent une place de premier rang avec plus de 10 000 feuilles dont l’inventaire est loin d’être terminé. L’exposition Chefs-d’œuvre inconnus de Dürer à Fantin-Latour nous dévoile les plus belles d’entre elles, un ensemble de 150 planches découvertes grâce à un chantier démarré en 2020 et qui à fait suite à celui des dessins. Celles des plus grands graveurs (Dürer, Callot, Fantin-Latour) sont mises à l’honneur à côté de chefs-d’œuvre d’auteurs moins connus mais tout aussi exceptionnels comme Castiglione, Boissieu, Della Bella, Bouzonnet-Stella ou Bracquemond. La plupart d’entre elles n’ont jamais été montrées au public. Elles s’offrent à notre regard dans toute leur diversité - scènes mythologiques, religieuses et historiques, paysages ou portraits - dans un parcours qui nous conduit du XVIe au XIXe siècle, et qui permet de comprendre les différentes techniques de gravure.
Chronologique, le parcours de l’exposition commence avec la gravure sur bois (xylographie) qui apparaît en Europe au début du XVe siècle. C’est le début de la grande aventure des images multipliables à l’identique dont le temporel et le spirituel sauront mesurer la puissance. Puis le développement de la gravure en creux sur cuivre (taille-douce) illustré par des estampes nordiques, italiennes et françaises permet de (re) découvrir les grands maîtres de la gravure et leurs ateliers au service des artistes qui, en reproduisant et diffusant leurs œuvres, les rendent accessibles au plus grand nombre à travers toute l’Europe. Les usages de l’estampe se développent encore plus au XVIIIe siècle notamment avec les livres illustrés et le goût de la collection, tandis que le XIXe siècle devient le siècle de l’image avec le renouveau des techniques et le développement de la lithographie.
Le parcours de l’exposition est jalonné de dispositifs audiovisuels qui permettent au visiteur de se familiariser avec les différentes techniques de gravure. Un écran tactile lui permettra de créer et d’imprimer sa propre estampe.